Au début, tout le monde a une image plutôt négative
de la drogue puis finalement on arrive à un moment où
on essaye pour différentes raisons et tout peut s'enchaîner
trés vite. Sentiment de planer, envie de planer encore plus,
envie de planer tout le temps...
Toute la société est touchée. Les consommateurs
viennent de tous les coins du pays et de toutes les couches de la société
: riches ou pauvres, jeunes ou âgées, de sexe masculin
ou féminin, intelligentes ou non, instruites ou non.
Qu'est-ce qu'une drogue ?
Nous avons tous une vague définition de la drogue dans la tête.
Généralement ça ressemble à quelque chose
du genre " La drogue ce sont des produits, interdits pour la plupart,
qui perturbent le comportement et la santé et rendent dépendants".
Pour être plus précis, les drogues sont des substances
psychoactives naturelles ou synthétiques utilisées par
une personne en vue de modifier son état de conscience et ayant
un potentiel d'usage nocif et incitant à un usage répétitif.
La drogue conduit à la dépendance psychique et physique.
La consommation peut se transformer en besoin ce qui entraîne
un sevrage souvent difficile.
Trois grandes catégories
Les drogues sont classées dans trois grandes catégories.
- Les stimulants qui ont des réactions sur le systéme
nerveux : cocaïne, crack, ecstasy et GHB (drogue du violeur). Ces
produits favorisent l'état d'éveil et d'excitation et
donc par conséquent permettent de réduire l'état
de fatigue. Ils peuvent donner une image trés sûre de soi
qui peuvent d'ailleurs provoquer des accidents et conduisent trés
fréquemment à la dépendance psychique. Si on consomme
trop de cette drogue stimulante, on peut subir de graves conséquences
: paranoïa, dépression importante, fatigue généralisée.
- Les hallucinogènes qui perturbent le fonctionnement du système
nerveux : cannabis (et ses dérivés, produits volatils
(colle, solvant), kétamine, LSD, champignons hallucinogènes....
Ces produits donnent une dimension de l'environnement différente
de la réalité que ce soit au niveau de l'environnement,
du temps, de l'espace, des couleurs et du bruit.
Au bout d'un certain moment, ils peuvent modifier de façon durable
la personnalité du consommateur qui n'a plus aucun rapport avec
la réalité (les petits éléphants roses volant
dans le ciel par exemple).
- Les dépresseurs qui ralentissent le fonctionnement du système
nerveux : tranquillisants (barbituriques par exemple), méthadone,
héroïne. Dans ce groupe, on classe aussi l'alcool. Ces prduits
entraînent une sensation de détente. La dépendance
devient physique et peut provoquer des conséquences graves comme
des arrêts cardiaques ou respiratoires. Elle peut aussi causer
des accidents par perte de vigilance et de contrôle de soi.
Douce ou dure ?
En parlant d'un petit bedot, on pourra vous dire que ce n'est rien,
que c'est de la drogue douce. Ce terme de drogue douce désigne
presque uniquement le cannabis car il provoque une dépendance
psychique moyenne et que le risque de décès est le moins
élevé des drogues. Ca ne veut pas dire pour autant qu'on
peut en fumer sans conséquence pour sa santé.
On parle de drogue dure quand elle entraîne une forte dépendance
psychique et/ou physique comme par exemple la cocaïne et l'héroïne.
A noter : L'appellation drogue douce est à prendre avec
des pincettes. On peut abuser de façon "dure" de drogues
"douces" et elles restent néfastes pour le consommateur
et conduisent à la toxicomanie.
Dépendance ou indépendance ?
On ne se rend pas toujours compte qu'on est devenu dépendant
et on se dit souvent que de toutes façons "on peut arrêter
quand on veut". Est-ce si simple ? A priori oui mais en pratique
beaucoup moins.
La dépendance peut se mesurer en quatre critéres :
- Besoin de consommer et impossibilité de résister à
ce besoin.
- Augmentation des tensions internes et anxiété avant
la consommation habituelle.
- Sensation de soulagement et de besoin comblé lors de la consommation.
- Sentiment de perte de contrôle de soi pendant celle-ci.
On parle de dépendance psychique quand le manque entraîne
de la dépression, des crises d'angoisse et des sensations de
malaises. Une fois qu'on a arrêté, il faut beaucoup de
temps pour s'habituer à sa nouvelle vie sans drogue et on ressent
un vide avec un certain mal-être qui peut entraîner à
consommer à nouveau.
La dépendance physique laisse apparaître des tremblements,
convulsions et douleurs en état de manque ainsi que des troubles
du comportement (angoisse, agitation, anxiété, énervement).
Ces états peuvent être amplifiés de façon
importante quand on mélange drogue, alcool, tabac et médicaments.
On parle alors de polyconsommation et les comportements de manque se
multiplient.
Les effets de la drogue sur le cerveau
Les drogues ont un effet sur le fonctionnement de notre cerveau. En
voici quelques exemples et ça fait froid dans le dos.
- Les amphétamines et leurs dérivés provoquent
l'augmentation immédiate et importante de la sérotonine
(anti-dépressif) et de la dopamine. Les neuromédiateurs
qui servent de relais d'un neurone à l'autre sont trés
sollicités et le stock de neuromédiateurs dans le cerveau
s'épuise.
- Le cannabis entraîne une faible libération de dopamine.
Les récepteurs cannabinoïdes sont présents en forte
densité dans le système limbique et provoque des troubles
du comportement et des émotions.
- La cocaïne empêche un bon fonctionnement de la dopamine.
Elle augmente donc sa présence au niveau du cerveau. Elle provoque
également des insomnies, des amnésies, des délires.
- L'ecstasy augmente la présence de sérotonine en bloquant
sa capture lors des transmissions. En petite quantité, elle augmente
également celle de la dopamine.
- L'héroïne est transformée dans le cerveau en morphine.
Elle stimule le système de la dopamine en diminuant le contrôle
des neurones GABA sur les neurones à dopamine.
A savoir : la dopamine est une substance chimique de notre corps
qui sert de neurotransmetteur. Son déréglement est lié
à des maladies comme la schizophrénie.
Les formes de drogues
En tête de consommation, on retrouve le cannabis qui s'utilisent
sous forme d'herbe (marijuana), de haschich (shit) et d'huile. La cocaïne
et l'héroïne existent sous forme de poudre blanche qui peut-être
fumée, sniffée ou injectée. L'ecstasy se trouve
sous forme de comprimés de couleurs, tailles et motifs trés
variable. Par ailleurs, il est souvent coupé avec d'autres produits
(caféïne, détergeants, amidon, savon...). Il existe
beaucoup de laboratoires clandestins qui créent de nouvelles
sortes de drogues toujours plus nocives et dangereuses.
Prévention, information et soutien
En matière de drogue, la prévention et l'information sont
trés importantes. Aucune recette n'existe pour empêcher
quelqu'un et notamment un ado de tester ce qui l'entoure : première
cigarette, premier verre, première relation sexuelle et première
drogue. Il ne faut pas dramatiser un essai
de découverte mais dans une période de crise, il convient
au parent ou à l'ami de trouver un espace de discussion et si
le dialogue ne s'instaure pas, ne pas hésiter à passer
le relais à des associations qui sont là pour ça.
- Drogues info service : 0 800 23 13 13 depuis un fixe et 01
70 23 13 13 depuis un portable.
- Ecoute cannabis : 0 811 91 20 20 depuis un fixe.
Vous pouvez également vous rendre dans les points
Ecoute Jeunes et découvrir et participer à
des stages
de sensibilisation.
La drogue reste un sujet assez tabou car le
regard des autres peut-être difficile à supporter d'autant
que certaines drogues incitent au repli sur soi. C'est pour cela qu'il
est important de briser ce tabou et d'en parler.
Ce n'est pas un sujet à prendre à la lègère
mais qui peut emmener de biens gros ennuis pour soi avec également
des conséquences pouvant atteindre autrui comme la perte de vigilance
en voiture/moto/scooter, violences entraînées par la prise
de produits néfastes, aggravation des problèmes personnels
et sociaux (cellule familiale où le dialogue n'existe plus, isolement,
problèmes financiers), l'abandon des responsabilités (travail
scolaire et professionel), la dépendance et pour finir la mise
en danger de soi-même et les répercutions qu'elle peut
avoir sur autrui. On mourra tous en jour mais ça ne sert à
rien de tout précipiter pour des bêtises.
Rédaction : Noée pour iciyatou.net